Cold War Kids

by JINX in to be where there's life

I was five and he was six
We rode on horses made of sticks
He wore black and I wore white
He would always win the fight
-BANG BANG HE SHOT ME DOWN
-

Ce soir, grâce à la magie de Canal + et à l‘irréfutable démonstration du The Children de Tom Shankland, j’ai vu l’idéal de ce que pourrait être ma vie dans 15 ans voler en éclat. Oh bien sûr, moi aussi, avant, dans des temps (pas si) reculés, je voulais être une rock star, tout ça, dormir dans des hôtels, casser des vases au ralenti et faire des TS en me coupant les veines dans le mauvais sens. Mais un beau jour, je ne sais pas ce qui m’a pris, je me suis dit que ça serait bien aussi d’avoir un vrai métier, avec un vrai mari et une vraie famille, des enfants et des vacances dans une maison faite exprès, avec des amis et des cousins trop meugnons d’amour.

Ouais. Ca s’appelle grandir il parait.
Oui, ben non en fait.

Les enfants, c’est méchant. Déjà. Ca attrape des maladies qui les transforment en monstres. Ca hurle tout le temps. Ca entretient des relations incestueuses avec son père passionné par les chinois, et ça tue sa mère en lui arrachant ses boucles d’oreilles. Si on rajoute à tout ça le fait que les dangers d’une éducation ratée sont aujourd’hui de plus en plus prégnants – la faute à Disney Chanel et Edward Cullen -, alors merci bien, mais je vais passer mon tour. Je vieillirai avec mon cheval et mes chats dans un bunker, avec pour seule lecture un guide de survie en territoire zombie et les deux tomes du Cinéma de Deleuze, qu’il va bien me falloir toute une vie pour assimiler. Et tout ira bien.

Sauf bien sûr, si mes chats attrapent une vielle maladie pourrie qui les transforme en trucs mutants mi chacal-mi araignées, et que de fait, je sois obligée de mourir étouffée dans mon vomi, après avoir mangé mon cheval et mes livres et gravé – avec mes ongles évidemment – mes Mémoires sur les murs en béton armé de mon abri anti-atomique. Après, on fera un film sur ma vie. Ca s’appellera I Am Legend II, et Will Smith pourra jouer mon rôle.

Putain. Glauque.

ost. beady eye / the roller

Throw Away Your Television

by JINX in to be where there's life

Hier soir, je regardais Téva en buvant du thé vert et en mangeant des gâteaux, quand est arrivée la traditionnelle pause pub, censée permettre d’aller faire pipi, de manger une clémentine et de voler un bout de chocolat dans le placard. Alors que je m’apprêtais à suivre (à peu de choses près) ce programme, je fus inopinément interrompue par la diffusion d’un spot pour le nouveau Colgate.

Sérieusement les mecs, vous vous êtes déjà demandé pourquoi les pubs pour le dentifrice, elles étaient aussi pourries?

Je n’ai malheureusement pas trouvé la vidéo sur Youtube pour vous la postez ici, mais pour faire court, c’est une gonzesse qui se ballade dans une galerie marchande anonyme et qui est d’un seul coup emmerdée par un vieux mec tout moche qui vient lui dire ‘eh meuf, t’es sûre que t’as les chicos propres?’. Alors forcément, la gonzesse, qui est une brune en tailleur très femme d’affaire occupée tout ça tout ça, elle répond ‘ben ouais attends, tu crois quoi?’. Mais le vieux spécialiste des dents Colgate n’a pas dit son dernier mot. Il lui passe un appareil sur la gueule qui montre qu’elle a la bouche dégueulasse. ‘Pour résoudre votre problème de bouche dégueulasse, enchaine-t-il, utilisez le nouveau Colgate blancheur protection détartrage anti carries anti rage de dents +++. Vous verrez la différence.’. La géniale chute, c’est que le lendemain, la meuf retourne voir le gars pour repasser au scanner, et là OH MIRACLE ! Elle a la bouche trop propre sa mère. Le tout avec une caméra pourrie et des gens mêmes pas beaux.


Et ça, c’est censé nous donner envie d’acheter leur dentifrice?

Alors peut être (sûrement), que le but c’est de faire une campagne proche du peuple et tout, cette impression de flottement de la caméra, ce cadrage soit disant aléatoire, cette femme à la fois commune et singulière, censée représenter la consommatrice lambda, propre sur elle et épanouie, qui se lave les dents après chaque repas et qui mange des tics tacs pour pas puer du bec en réunion… Tout ça, c’est pour nous donner une impression d’universalité, de réalisme poignant. On vous ment. Les autres dentifrices veulent la mort de vos dents ; mais NOUS avons la solution, et pour vous le prouver, nous ne nous encombrons pas de procédés visuels et esthétiques quelconques. Nous faisons confiance au principe de réalité pour vous convaincre.

Mouais. Cela dit, je les comprends les mecs. J’veux dire, c’est dur aussi de vendre du dentifrice. On peut pas trop disserter sur l’extase du brossage de dents. Une meuf qui a un orgasme en se remplissant la bouche de pâte blanche à rayures rouges, ça a pas le même impact que la meuf qui grimpe au rideaux en buvant du café (ou en mangeant un yahourt). C’est vachement moins glamour. Beaucoup moins de potentiel visuel dans le dentifrice, que dans le café (huuum, chaleur, huuum onctuosité, huuuum rechaleur) ou le yahourt (valeurs familiales, équilibre alimentaire tout ça). Alors, que faire? Peut être qu’on pourrait faire une pub trois en un. D’abord, on verrait une meuf dans sa famille, avec ses enfants qui mangent des Kinders Pinguis, et là elle dirait (comme Tsonga) ‘tiens, j’ai une petite faim moi… Ouf, il reste un yaourt au gingembre Taille Anorexique 0% de MG 0% de lactose 0% de glipides. Une petite cuillère en argent, oulalala, je déguste mon yaourt lentement et sensuellement devant mes enfants blonds et bien élevés qui fabriquent des Kinders Country en mettant du chocolat en papier dans une boîte de Happy Meal. Mais, oh ! Quelle est soudain cette chaleur qui monte au creux de mes reins et me fait pousser des soupirs subtils? Vite ! Un café George Clooney (what else?) pour endiguer la chose ! Mais, oh non ! Diantre ! Fichtre, d’un seul coup, mon salon High tech tourbillonne, mes enfants sont partis sauver un petit raton laveur pour avoir le droit de manger des Princes de Lu, et… MAIS JE VOLE ! Je vole et je jouis, oh singulière extase, oh romance écervelée, oh puissance de la chair et du feu ! Qu’entends-je soudainement, qui me fait redescendre ? Ciel, mon mari qui rentre du travail dans sa nouvelle Concept Car ! Fichtre, s’il découvre que je l’ai trompé avec du café et un yaourt, je vais me faire déchirer la gueule ! Vite, mon nouveau Colgate pour effacer toute trace de ce méfait ! Rien ne peut égaler la force et l’efficacité du nouveau Colgate maxi blancheur anti haleine de chacal tabac froid et vieux café !’ Un petit brossage de dents express, et ouf ! Plus de trace de l’adultère buco-gustatif. La pub se finirait par un plan rapproché sur la mère et son sourire de feu. Elle serait bientôt rejointe dans le champs par son mari qui lui collerait un bisous sur la bouche, et qui au passage lui murmurerait ‘huuum, tes lèvres ont un gout de soleil et d’herbes fraiches.’

Bien sûr, il n’est pas interdit de créer une bande originale digne de ce nom au court métrage publicitaire. Jouez de vos références ! Les violons de Psycho pour l’arrivée du mari, la musique de Pirates des Caraïbes pour le brossage de dents course contre la montre, le Duo des Fleurs de Lakmé pour le café…

Putain. Ca, ce serait de la télé.

ost. hooverphonic / mad about you

Bring The Light

by JINX in to be where there's life


Le Michael Myers enfant de Rob Zombie ressemble à un mini Josh Homme qui aurait éclaté la gueule de Justin Bieber à coût de batte.

Première série de partiels, check.
Ce fut un étrange moment que de kiffer un sujet de dissert’.
Le plus étrange encore, c’est que je ne me sois pas transformée en groupie fébrile et gigantesque en découvrant le nouveau single de Liam – aka mon ex. Oui, tiens, NEWSFLASH, je fais une annonce en direct live comme Eva Longoria, Liam et moi avons décidé de divorcer. Enfin, avons décidé. J’AI décidé de divorcer, et de m’enfuir avec un autre – je ne sais pas encore bien qui, je vais trouver. Oui voilà, vous voyez, on s’entendait plus trop bien ces derniers temps et tout, et puis faut avouer que le fait qu’il mette des statuts de hiboux partout dans l’appart, ça me faisait pas trop kiffer. Du coup, je suis partie. Ca été très difficile, je ne le cache pas, mais je m’étais fait l’intégral de Terminator dans l’après midi, et du coup, j’étais motivée – meuf, me suis-je dit sur mon canapé, l‘œil torve devant Christian, meuf, si tu veux sauver ta  vie et celle de tes enfants futurs, c‘est maintenant. Liam G. terminated. Pan. Dans les dents.
Mais comme ce bougre d’Arnold avant lui, le lad loser et magnifique n’eut qu’une parole.
I’LL BE BACK.

Bon, je ne parlerai pas du morceau et du fait qu’il ne révolutionne rien et qu’il ne sert pas à grand-chose tout ça tout ça, car ce serait me trahir. Vous pouvez bien dire tout ce que vous voulez, et m’insulter, et me traiter de sale trainée vieille rascasse pourrie jusqu’à l’os, mais c’est un fait. Quand j’entends Liam, je me transforme en anglaise de 15 ans. Jody dans Tamara Drewe, c’est moi. J’ai un réel problème émotionnel, je le reconnais. Je dodeline de la tête comme une gosse avec des couettes. Presque je sauterai à la corde à sauter en hurlant ’BABY COME ON BABY COME ON LALALALA’. Liam chante et moi, je bois du cacolac et je mange des pains au lait. Bref, j’ai 5 ans et c’est l’heure du goûter.
Il me faut bien regarder quinze fois la scène de Southland  Tales où Eli Roth se fait descendre dans les chiottes pour me remettre dans le droit chemin de la fan digne et analyste, critique et littéraire. Je ne sais pas faire ça avec la musique. C’est compliqué, c’est vain et c’est emmerdant.
Vivre dans un appartement, avoir la télé mais pas de ps3 et pas de décodeur TNT, ça contraint à taffer ses cours de découpage filmique en matant les téléfilms allemands de la 6. Compter le nombre de plans dans un quart d’heure de L’hôtel de l’amour, croyez moi, c’est bien plus compliqué qu’il n’y parait. Le meilleur de mes dernières semaines de révisions : une meuf qui veut faire du théâtre et qui s’invente un personnage de gogo danseuse. Après, sa meilleure amie droguée meurt pendant qu’elle se fait refaire les seins parce qu’elle a été empoisonné par l’anesthésiant. Du coup, on comprend que les artifices c’est pas bien, et que c’est mieux d’être soi même. Quand t’as vu ça, t’es la femme la plus heureuse du monde. Après tu niques ta jupe préférée à l’eau de javel pendant que tu laves ta salle de bain, mais c’est une autre histoire.

ost. steelheart / electric chair.